Étude sur les séjours scolaires en refuges 2025-2026


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Résumé

En 2025, Educ’alpes a initié une étude sur l’accès des écoles primaires aux refuges de montagne, en commençant par les Hautes-Alpes. En partenariat avec le SNGRGE, le Labex ITTEM et avec l'appui de l’USEP 05, deux enquêtes ont été menées par Hugues Champollion : l’une auprès des gardiens de refuges, l’autre auprès des enseignants.
Les résultats montrent un fort enthousiasme pour ces séjours éducatifs, qui favorisent l’autonomie, la vie collective et la découverte du milieu montagnard. Toutefois, des freins persistent : manque de préparation, contraintes financières, administratives et sécuritaires. Avec plus de 14 000 nuitées d’élèves recensées depuis 2007, les Hautes-Alpes confirment leur rôle de territoire pilote.
Pour 2026, la suite de l’étude cherchera à quantifier et qualifier le volume et les enjeux que représentent ces projets particuliers en termes d’éducation, de sécurité et de responsabilités pour un public et un lieu d’hébergement spécifiques dans les Alpes et les Pyrénées.
Le groupe-projet Jeunes en refuges constate une culture croissante du séjour éducatif en refuge dans les milieux Éducation et Montagne. Il souhaite désormais renforcer l’accompagnement des enseignants et la formation des animateurs, et également valoriser ces expériences uniques, tout en tenant compte des nouveaux enjeux climatiques et éducatifs.

Bilan de l'étude

En 2025, Educ’alpes a lancé un état des lieux de l’accès des écoles primaires en refuge de montagne. La première partie de cette étude concerne essentiellement les Hautes-Alpes, département référence pour les nuitées en refuge pour les élèves de la maternelle au CM2. Pour 2026, la suite de l’étude cherchera à quantifier les qualifier le volume et les enjeux que représentent ces projets particuliers en termes d’éducation, de sécurité et de responsabilités pour un public et un lieu d’hébergement spécifiques dans les Alpes et les Pyrénées. Cette étude est menée en collaboration avec le syndicat des gardiens (SNGRGE), le Labex ITTEM de l’UFR PACTE de l’Université Grenoble-Alpes, et l’appui de l’USEP 05.

Une première enquête a été adressée aux gardien·nes de refuge qui accueillent des élèves (Alpes et Pyrénées). La cinquantaine de réponses a permis de confirmer la tendance favorable voire enthousiaste pour l’accueil des classes, mais elle témoigne également des leurs difficultés face au manque de préparation des classes face aux règles particulières d’un refuge. Ce constat, vérifié sur le terrain, encourage Educ’alpes à proposer des outils simples et fonctionnels pour aider les enseignant·es à mieux préparer l’expérience singulière d’une nuitée en refuge isolé.
La seconde enquête a permis à une soixantaine d’enseignant·es des Hautes-Alpes de partager leur bilan de leurs projets en refuge. Il en ressort un fort attachement à cette opportunité de faire vivre aux élèves un projet riche en termes de vie collective, de compétence sur soi, d’appropriation d’un milieu proche d’eux mais peu connu, fragile et source d’apprentissages. Cependant, les risques d’annulation ainsi que la charge financière et administrative (charge inhérente à tout projet avec nuitée) sont des contraintes majeures qui se rajoutent aux difficultés croissantes des profils des enfants et familles face aux enjeux sociaux et sécuritaires de la sortie.
Sans oublier l’engagement similaire ailleurs, et particulièrement en Haute-Savoie, Savoie et Hautes-Pyrénées, les statistiques de fréquentation dans les refuges des Hautes-Alpes font comprendre pourquoi le département fait figure de référence. Depuis 2007, ce sont plus de 14 000 nuitées d’élèves maternelle ou élémentaires recensées dans les refuges haut-alpins, 85 % des écoles ayant participé au moins une fois. C’est donc en moyenne 800 nuitées par an et plus de 30% d’une classe d’âge qui arrive en sixième en ayant vécu le projet pédagogique d’une nuit en refuge. On compte 23 refuges agrées par l’Éducation Nationale pour l’accueil des élèves d’école primaire, même s’il est vrai que la moitié des nuitées se concentre sur 4 refuges présentant des caractéristiques idéales d’accès (entre 100 et 300m de dénivelé) et de capacité d’accueil.
En guise de rapide analyse, il faut noter que le département des Hautes-Alpes se caractérise par une forte territorialité alpine et rurale qui englobe la totalité de ses communes, avec des massifs bien repartis et relativement faciles d’accès depuis les axes et centres principaux. Il faut y ajouter une volonté conjointe des acteurs éducatifs, politiques et économiques qui a lancé cette dynamique entre 2004 et 2007 et qui se confirme encore aujourd’hui. Preuves de cet engagement de territoire, la subvention annuelle du Conseil départemental pour l’aide aux transports des classes vers les refuges, et la création d’un groupe de travail spécifique sur les séjours en refuge au sein de la Direction des Services de l’Éducation Nationale des Hautes-Alpes.

Ces enquêtes menées par Educ’alpes, le SNGRGE, le Labex ITTEM et l’USEP 05 confirment qu’il y a une volonté partagée par tous les acteurs concernés et que les contraintes sont bien identifiées de part et d’autres même si les écoles manquent de temps, formation et de ressources pour enrichir et professionnaliser ce type de projets, face à l’évolution du contexte de travail mais aussi des conditions climatiques, sujets mis en avant par Educ’alpes afin d’accompagner tous ces expériences sur l’ensemble des départements concernés.

« Là où il y a une volonté il y a un chemin »


Conclusion de l’enquête auprès des gardien·nes

On peut considérer que la moitié des refuges accueillant des élèves de primaire ont répondu à l’enquête. Une partie des participants a répondu en n’ayant accueilli que des élèves de collège ou lycée, mais leur témoignage reste pertinent.
Comme le montre le nuage de mots réalisé après regroupement et lissage des réponses, les gardien·nes sont plutôt motivé·es à l’idée d’accueillir les élèves, conscient·es des enjeux éducatifs et pédagogiques, mais pointent très majoritairement le manque de connaissance des spécificités du savoir-vivre en refuge. Deux réponses notamment illustrent sans détour que cela peut conduire à un refus d’accueillir des classes, bien que la plupart des gardien-ne-s acceptent les efforts logistiques et financiers et souhaitent simplement que les enseignant-e-s prennent contact bien en amont pour préparer le séjour en toute connaissance des enjeux particuliers de ce type de milieu et d’hébergement.
Le travail régulier d’Educ’alpes avec le SNGRGE (Syndicat des gardiens) et avec le programme Refuges Sentinelles (Labex ITTEM UFR PACTE) permet de replacer ces observations dans une transition globale de certains refuges vers une fonction d’accueil et de passerelle autour des enjeux socio-environnementaux de la montagne, en lien avec les professionnel·les de l’éducation.

Conclusion de l’enquête auprès des enseignant·es

Près de 70 professeurs des écoles ont répondu à l’enquête. Dans ce département haut-alpin qui ne les oblige pas à engager un·e professionnel·le, les enseignant·es témoignent d’une pratique personnelle confirmée ou experte de la randonnée, conscient·es donc des enjeux du terrain spécifique, mais engagent malgré tout presque systématiquement un·e professionnel·le, au moins pour la montée en refuge. Le croisement des résultats et des entretiens montre que peu d’enseignant·es sous-estiment les enjeux de sécurité de ces projets en refuge, ce qui confirme l’attribution d’une telle prérogative dans ce département (d’autres départements rendent obligatoire la présence d’un·e accompagnateur·trice en moyenne montagne - AMM), mais cela ne peut cacher certaines situations qui manquent d’accompagnement spécifique. De façon générale, les enseignant·es apprécient cette opportunité de faire vivre une expérience éducative et pédagogique forte, dans un contexte local, fragile mais peu connu, autour d’une passion personnelle à partager, malgré les risques d’annulation liés à la météo. Cependant, au-delà d’une gestion de plus en plus complexe des élèves et des familles, ils rappellent surtout les contraintes de financement et de logiques administratives qui s’ajoutent aux surcharges et sollicitations quotidiennes, et ce malgré les efforts financiers des gardiens et la mise à disposition par le Conseil départemental depuis 2007 d’une enveloppe de 10 000 € pour l’aide aux transports vers les refuges.
L’USEP 05 (fédération locale coordinatrice d’origine des séjours scolaires en refuges haut-alpins) confirme l’appropriation et la gestion de ces projets pour les écoles du département, les réussites et les difficultés rencontrées, les besoins et points de soutien. Elle développe avec Educ’alpes de nombreux supports pédagogiques pour les enseignant·es qui viennent enrichir la démarche du récent groupe de travail de la DSDEN sur les sorties en refuge.